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À son arrivée à l’hôpital Médecins Sans Frontières d’Adré (Tchad), une réfugiée soudanaise reçoit des soins médicaux liés à sa grossesse, 2024
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Santé des personnes réfugiées et migrantes

25 mars 2026

L’essentiel

  • On compte plus d’un milliard de personnes en déplacement dans le monde, soit environ une personne sur huit.
  • Sur ce total, on estime à 304 millions le nombre de migrantes et migrants internationaux (2024), soit le double du nombre de 1990 (154 millions). Cela inclut environ 170 millions de travailleuses et travailleurs migrants et 7 millions d’étudiantes et étudiants internationaux.
  • On estime que 117,3 millions de personnes sont en situation de déplacement forcé (73,5 millions sont des personnes déplacées dans leur propre pays, 36,4 millions sont des personnes réfugiées et 8,4 millions sont des demandeuses et demandeurs d’asile). Parmi les personnes déplacées de force, 49 millions sont des enfants et 2,3 millions n’ont connu que la vie de réfugiés depuis leur naissance.
  • On s’attend à ce que le nombre de personnes en situation de déplacement augmente du fait de la pauvreté, du manque de sécurité, de l’accès insuffisant aux services essentiels, des conflits, de la dégradation de l’environnement et des catastrophes naturelles. Les systèmes de santé doivent être équipés pour répondre à ces besoins en évolution.
  • Le déplacement et la migration peuvent avoir des impacts sanitaires positifs et négatifs. Les contributions sociales et économiques des personnes réfugiées et migrantes, telles que les envois de fonds, peuvent améliorer l’accès aux services dans les pays d’origine, tandis que des environnements restrictifs dans les pays de transit et de destination peuvent présenter des risques pour la santé.
  • Les personnes réfugiées et migrantes ont souvent des résultats en matière de santé moins favorables du fait des obstacles linguistiques et culturels, de la discrimination institutionnelle et des politiques restrictives qui limitent l’accès aux services de santé ou leur utilisation.

Vue d’ensemble

Les mouvements de population n’ont jamais été aussi intenses qu’aujourd’hui, et les déplacements et la migration ne cessent d’augmenter. Cependant, de nombreuses personnes réfugiées et migrantes sont en moins bonne santé que les populations d’accueil. Beaucoup rencontrent des obstacles pour accéder aux soins. Répondre à leurs besoins de santé est donc une priorité mondiale et fait partie intégrante du principe du droit à la santé pour toutes et tous. Les besoins de santé physique et mentale des personnes réfugiées et migrantes sont particuliers, et dépendent de ce qu’elles ont vécu dans leur pays d’origine, des conditions durant leur migration, ainsi que des politiques et des environnements dans les pays de destination.

Les changements climatiques, en plus des conflits et des catastrophes naturelles, transforment les schémas de déplacement et de migration et amplifient les risques pour la santé et le bien-être. Les populations déplacées et migrantes comptent souvent parmi les plus touchées, mais elles restent souvent exclues des stratégies nationales de santé et d’adaptation aux changements climatiques.

Définitions et données

Il n’existe pas de définition universellement reconnue du terme « migrant ». Cependant, le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies définit un migrant international comme « toute personne qui change de pays de résidence habituelle », quels que soient son statut juridique, la durée de son séjour ou les motifs de son déplacement (1, 2).

Selon le droit international et le mandat du HCR, les réfugiés sont des personnes qui se trouvent hors de leur pays d’origine et qui ont besoin d’une protection internationale parce qu’elles craignent la persécution ou de graves menaces pour leur vie, leur intégrité physique ou leur liberté dans leur pays d’origine en raison de persécutions, de conflits armés, de violences ou de troubles publics graves (3).

Les demandeuses et demandeurs d’asile sont des personnes qui sollicitent une protection internationale. Dans les pays où les demandes d’asile sont jugées au cas par cas selon des critères d’éligibilité spécifiques, il s’agit de personnes dont la demande d’asile n’a pas encore fait l’objet d’une décision définitive de la part du pays d’accueil potentiel. Tout demandeur d’asile n’est pas nécessairement reconnu comme réfugié à l’issue du processus mais toute personne dont le statut de réfugié est reconnu a dans un premier temps été demandeur d’asile (3).

Les personnes migrantes peuvent être confrontées à des restrictions d’accès aux soins de santé en raison de leur statut migratoire, mais le droit international reconnaît à tout être humain le droit au meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre, conformément au Programme de développement durable à l’horizon 2030, et en particulier à l’ODD 3 (Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge) (4). Bien qu’elles relèvent de cadres juridiques distincts, les personnes réfugiées et migrantes doivent bénéficier des mêmes droits universels et des mêmes libertés fondamentales que les autres personnes (4).

Au total, on compte plus d’un milliard de personnes en déplacement dans le monde, soit une personne sur huit.

En 2024, on estimait à 304 millions le nombre de migrantes et migrants internationaux dans le monde, soit presque le double du nombre de 1990 (154 millions) (5). En 2022, on estimait à 167,7 millions le nombre de travailleuses et travailleurs migrants, dont de nombreux agents et agentes de santé essentiels, et 6,9 millions d’étudiantes et étudiants internationaux (6).

À la mi-2025, le nombre de personnes déplacées de force atteignait 117 millions, contre 83 millions en 2020. Il s’agit de 36,8 millions de personnes réfugiées, dont 8,4 millions de demandeuses et demandeurs d’asile. Les pays à revenu faible ou intermédiaire accueillent 71 % des personnes réfugiées et de celles ayant besoin d’une protection internationale dans le monde (7).

Les migrations et les déplacements se produisent également à l’intérieur des frontières nationales. D’après les dernières estimations disponibles (datant de 2005), le nombre de migrantes et migrants internes s’élèverait à 763 millions (8). En 2024, on comptait environ 83,4 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays à l’échelle mondiale (9).

Les données sur les déplacements et la migration restent limitées en raison de divergences dans les définitions, de diversité des méthodologies et de l’exclusion des statistiques officielles des migrantes et migrants irréguliers ainsi que de celles et ceux travaillant dans les secteurs informels.

Problèmes de santé courants

Les personnes réfugiées et migrantes présentent des besoins de santé spécifiques qui sont fonction de leurs expériences avant, pendant et après le déplacement et la migration. Ces besoins ne correspondent pas toujours aux services disponibles dans les communautés d’accueil, ce qui souligne l’importance de systèmes de santé inclusifs, équitables et centrés sur la personne.

Beaucoup de personnes quittent leur foyer à cause des conflits, de la dégradation de l’environnement, des catastrophes naturelles ou des difficultés économiques. Leurs besoins de santé sont déterminés par les conditions à chaque étape de leur parcours. D’après les données factuelles présentées dans le premier Rapport mondial sur la santé des réfugiés et des migrants, ces populations n’augmentent pas le risque de transmission de maladies transmissibles dans les pays d’accueil. Les risques sanitaires découlent plutôt des conditions subies lors du déplacement, notamment un accès limité à l’eau potable, à l’assainissement, à la nourriture, à un abri et aux services de santé essentiels. Ces facteurs structurels et environnementaux favorisent la vulnérabilité aux maladies et aux affections.

Ces conditions peuvent augmenter les risques de maladies infectieuses (rougeole, maladies d’origine alimentaire ou hydrique), de blessures accidentelles, d’hypothermie, de brûlures et d’autres conséquences sanitaires liées à des voyages dangereux et à des besoins fondamentaux non satisfaits. Les personnes réfugiées et migrantes peuvent également être confrontées à une exposition accrue à la violence fondée sur le genre, ce qui a de graves conséquences sur la santé physique et mentale.

Les personnes réfugiées et migrantes peuvent rencontrer des problèmes couramment associés à un stress extrême, tels que l’anxiété, les troubles du sommeil, la fatigue ou l’irritabilité. Certaines personnes peuvent souffrir de dépression, de troubles anxieux ou d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT), liés aux conflits, aux pertes, à la violence ou à l’incertitude prolongée qu’elles ont subis.

Si les personnes réfugiées et migrantes présentent de nombreux déterminants de santé communs avec les populations d’accueil, le déplacement et la migration introduisent des obstacles structurels et environnementaux supplémentaires. Il est essentiel de renforcer l’accès équitable aux services de santé et de prendre en compte les déterminants sociaux, économiques et environnementaux de la santé si l’on veut bâtir un soutien durable, inclusif et efficace pour les communautés de personnes réfugiées et migrantes, tout en favorisant la résilience globale des sociétés d’accueil.

Obstacles à l’accès aux services de santé

De nombreuses personnes réfugiées et migrantes, en particulier celles en situation de vulnérabilité ou en situation irrégulière, sont en moins bonne santé du fait de conditions de vie médiocres et de déterminants sociaux, économiques et environnementaux défavorables.

Elles peuvent être victimes de xénophobie et de discrimination et rencontrer des obstacles pour accéder aux services de santé et de protection sociale. Les personnes migrantes en situation irrégulière peuvent être exclues des programmes nationaux de promotion de la santé, de prévention, de traitement et de soins, ainsi que des dispositifs de protection financière. Par conséquent, on observe des coûts à la charge des patientes et patients élevés, des obstacles linguistiques et un soutien culturel ou linguistique insuffisant.

Les femmes et les filles peuvent rencontrer des difficultés d’accès aux services de prévention et de riposte face à la violence fondée sur le genre. Les enfants non accompagnés et les enfants séparés sont exposés à un risque accru d’exploitation, d’abus et de défaut de soins. Les personnes handicapées peuvent se heurter à des obstacles supplémentaires liés à l’accessibilité et aux comportements. Pour défendre leurs droits, leur santé et leur sécurité, il est essentiel que les approches soient inclusives, accessibles et participatives.

Dans les situations de crise humanitaire, le manque de sécurité, les dommages aux infrastructures et les perturbations des chaînes d’approvisionnement créent de nouveaux obstacles à l’accès aux soins de santé. Ces problèmes touchent à la fois les populations déplacées et les communautés d’accueil.

Action de l’OMS

Pour l’OMS, toutes les personnes, y compris les personnes réfugiées et migrantes, ont droit à la santé et devraient pouvoir avoir accès à des services de santé de qualité, centrés sur la personne sans être exposées à des difficultés financières. Il faut pour ce faire que les systèmes de santé intègrent la santé des personnes réfugiées et migrantes dans les politiques, le financement, la planification, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation à l’échelon national et local.

Si des structures de santé parallèles sont parfois nécessaires lors de situations d’urgence, elles doivent rester temporaires. L’OMS soutient l’inclusion durable des personnes réfugiées et migrantes au sein des systèmes et services nationaux.

Guidée par le Plan d’action mondial de l’OMS pour promouvoir la santé des réfugiés et des migrants, 2019-2030, l’Organisation, par l’intermédiaire de son Initiative spéciale sur la santé et la migration, collabore avec les États Membres et ses partenaires pour promouvoir l’équité en santé et la protection des droits liés à la santé des personnes réfugiées et migrantes. L’OMS mène les efforts mondiaux de sensibilisation, établit des normes et des critères reposant sur des bases factuelles, renforce les données et la recherche, et promeut des approches coordonnées et multisectorielles répondant aux besoins de santé spécifiques des personnes réfugiées et migrantes.

L’OMS soutient également la collaboration multilatérale par un engagement actif au sein du Réseau des Nations Unies sur les migrations. Elle travaille avec les organismes du système des Nations Unies et d’autres parties prenantes internationales pour améliorer la cohérence des politiques et l’action collective. Elle coopère avec les pays pour renforcer les systèmes de santé afin qu’ils fournissent des services intégrés, respectueux des différences culturelles, et de qualité tant pour les communautés d’accueil que pour les personnes réfugiées et migrantes.

Pour parvenir à la santé pour toutes et tous, il est essentiel de garantir aux personnes réfugiées et migrantes un accès aux soins de santé qui soit rapide, abordable et digne.

 

Références bibliographiques

  1. Glossaire de la migration. Genève : Organisation internationale pour les migrations ; 2019 (https://publications.iom.int/books/droit-international-de-la-migration-ndeg-34-glossaire-de-la-migration). Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
  2. Glossaire principal des termes du HCR [base de données en ligne]. Genève, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. 2021 (https://www.unhcr.org/fr/glossaire).
  3. Sommet pour les réfugiés et les migrants de l’Assemblée Générale des Nations Unies 2016 (Déclaration de New York). In: Soixante-et-onzième Assemblée générale, 19 septembre 2016 : résolution 71/1 : Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants. New York, NY: Nations  Unies; 2016 (https://docs.un.org/fr/a/res/71/1). Licence: CC BY-4.0.
  4. International migrant stock 2024: key facts and figures. New York, NY: Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies ; 2024 (UNDESA/POP/2024/DC/NO.13; https://www.un.org/development/desa/pd/content/international-migrant-stock). Licence: CC BY-4.0.
  5. Estimations mondiales de l’OIT concernant les travailleurs migrants, quatrième édition. Genève : Organisation internationale du Travail ; 2024 (Estimations mondiales de l’OIT concernant les travailleurs migrants | Organisation internationale du Travail https://www.ilo.org/fr/publications/major-publications/estimations-mondiales-de-loit-concernant-les-travailleurs-migrants).
  6. A quick look at global mobility trends [infographie]. Project Atlas; 2024 (https://www.iie.org/wp-content/uploads/2024/11/Project-Atlas_Infographic_2024-1.pdf).
  7. Mid-year trends [site Web]. Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ; 2026 (https://www.unhcr.org/uk/publications/mid-year-trends). Licence: CC BY-4.0.
  8. Rapport mondial sur le développement humain 2009 : Lever les barrières : Mobilité et développement humains ; New York : Programme des Nations Unies pour le développement ; 2009 (https://hdr.undp.org/system/files/documents/rapport-sur-le-developpement-humain-2009-francais.rapport-sur-le-developpement-humain-2009-francais). Licence : CC BY-4.0.
  9. 2025 Global Report on Internal Displacement (GRID). Genève : Observatoire des situations de déplacement interne ; 2025 (https://www.internal-displacement.org/global-report/grid2025/).