Streptocoque du groupe B

25 février 2026

L’essentiel

  • Le streptocoque du groupe B (SGB) est une bactérie courante généralement inoffensive chez l’adulte, mais qui, chez le nourrisson, peut contribuer à des infections potentiellement mortelles, dont le sepsis, la pneumonie et la méningite.  
  • À l’échelle mondiale, les streptocoques du groupe B provoquent plus de 500 000 naissances prématurées et quelque 150 000 mortinaissances et décès de nourrissons chaque année.(1)
  • Dans de nombreux contextes, environ 10 à 30 % des femmes enceintes sont porteuses de ces bactéries, présentes dans leur appareil digestif ou leur appareil génital. Lorsque ces femmes ne reçoivent pas de traitement, de 40 à 75 % des nouveau-nés auxquels elles donnent naissance sont infectés et environ 12 % d’entre eux contractent une infection invasive à SGB d’apparition précoce.(2)
  • Le dépistage du SGB, universel ou en fonction du risque, pendant la grossesse, ainsi que l’administration préventive d’antibiotiques pendant le travail, peuvent réduire le risque d’infection précoce à SGB chez le nouveau-né. Cependant, l’administration d’antibiotiques ne prévient pas les mortinaissances, les naissances prématurées, ni les infections d’apparition tardive.  
  • Des vaccins conçus pour être administrés pendant la grossesse afin de protéger les nourrissons contre le SGB sont en cours de développement. 

Vue d’ensemble 

Streptococcus agalactiae, communément appelé streptocoque du groupe B (SGB), est un type de bactérie couramment présent dans l’intestin ou le vagin humain. Chaque année, quelque 390 000 nourrissons contractent une infection à SGB, ce qui en fait la première des quatre principales causes de méningite bactérienne aiguë chez le nouveau-né. 

Les streptocoques du groupe B peuvent causer différentes infections chez le nouveau-né comme chez l’adulte. Chez le nouveau-né, ils représentent une des principales causes de maladies graves telles que le sepsis (infection sanguine), la pneumonie (infection pulmonaire) et la méningite (infection des membranes enveloppant le cerveau et la moelle épinière). Chez l’adulte, en particulier les personnes âgées ou souffrant de certaines pathologies, les SGB peuvent provoquer des infections des voies urinaires, de la peau et des tissus mous, des infections sanguines et, plus rarement, une pneumonie ou une méningite. 

Étant donné que les infections à SGB peuvent être graves, il est important de reconnaître les symptômes tôt et d’entamer un traitement dans les plus brefs délais, aussi bien chez le nourrisson que chez l’adulte. 

Quelles sont les personnes à risque ? 

Certains groupes de population présentent un risque accru d’infection à SGB. 

Les nourrissons de moins de 3 mois sont les plus à risque, en particulier s’ils sont nés prématurément (avant 37 semaines de gestation). Les nourrissons sont également exposés à un risque d’infection grave si leur mère est porteuse de SGB, a déjà eu un nourrisson infecté, présente de la fièvre pendant le travail ou une infection dans l’utérus. Chez le nourrisson, la bactérie peut entraîner un sepsis, une pneumonie ou une méningite, susceptibles d’entraîner la mort ou des handicaps de longue durée. 

Les femmes enceintes porteuses de SGB peuvent développer des complications, notamment une chorioamniotite (infection du placenta et du liquide amniotique) ou, dans certains cas, un sepsis après l’accouchement. Cependant, le risque le plus important concerne souvent le bébé. Si la rupture des membranes intervient plus de 18 heures avant la naissance, le risque d’infection à SGB est multiplié par quatre pour le bébé, car la bactérie peut pénétrer dans l’utérus. Environ 30 % des mortinaissances dues au SGB concernent des femmes dont la grossesse semblait se dérouler normalement, ce qui met en évidence la nécessité urgente d’améliorer les méthodes permettant de prédire et de prévenir cette infection.   

Les adultes âgés de 65 ans et plus, ainsi que les personnes souffrant de pathologies graves, telles que le diabète, le cancer ou un système immunitaire affaibli, sont également plus susceptibles de contracter une infection grave à SGB. 

Transmission 

Le streptocoque du groupe B fait partie du microbiome naturel de nombreuses personnes, ce qui signifie qu’il est présent naturellement dans l’organisme, plutôt que d’être transmis d’une personne à l’autre. Bien que l’infection à SGB ne soit pas considérée comme une infection sexuellement transmissible, elle peut néanmoins être transmise par contact étroit et intime. La transmission par contact occasionnel quotidien n’est pas courante, toutefois, dans de rares cas, elle peut se produire dans les établissements de santé. 

Le SGB est le plus souvent transmis de la mère à l’enfant pendant l’accouchement. Il peut coloniser le vagin ou le rectum des femmes enceintes, souvent sans provoquer de symptômes. Les nouveau-nés peuvent également acquérir le SGB de l’environnement ou des personnes chargées de leurs soins après la naissance, notamment dans les établissements de santé. 

Signes et symptômes 

Toutes les personnes porteuses de SGB ne présentent pas de symptômes. Ceux-ci varient selon l’âge de la personne et la partie du corps où l’infection survient. 

Chez le nourrisson, l’infection à SGB peut se présenter sous deux formes. La maladie à début précoce survient dans la première semaine de vie et peut provoquer un sepsis, une pneumonie ou une méningite. La maladie d’apparition tardive survient entre 7 et 89 jours après la naissance. Elle peut provoquer des pathologies similaires, notamment une méningite, et commence généralement plus lentement. Parmi les signes d’infection à SGB figurent la fièvre, une mauvaise alimentation, la léthargie, l’irritabilité, des difficultés respiratoires et une peau bleutée ou pâle. Les signes de méningite peuvent également comprendre des crises convulsives ou une fontanelle bombée. 

La méningite à SGB provoque une inflammation des membranes enveloppant le cerveau et la moelle épinière, aussi bien chez le nouveau-né que chez l’adulte. Bien qu’elle soit moins fréquente chez l’adulte, elle présente néanmoins un risque accru de décès ou de handicap de longue durée dans les deux groupes. 

Chez l’adulte, les SGB peuvent également entraîner une maladie grave accompagnée de symptômes tels que fièvre, confusion et raideur de la nuque – signes potentiels de méningite – ou une hypotension, une respiration rapide et une insuffisance d’organe. Les SGB peuvent également provoquer des infections des voies urinaires, ainsi que des os ou des articulations, en particulier chez les personnes âgées ou souffrant d’affections sous-jacentes. 

Prévention 

Dépistage

Dans ses lignes directrices de 2024, l’OMS préconise de proposer à l’ensemble des femmes enceintes un dépistage entre 35 et 37 semaines de gestation. Lorsque le dépistage universel n’est pas possible, l’OMS recommande également une solution fondée sur le risque. Les femmes testées positives doivent recevoir des antibiotiques par voie intraveineuse, par exemple de la pénicilline ou de l’ampicilline, au moins quatre heures avant l’accouchement, afin d’éviter que le SGB soit transmis au nouveau-né. Cette démarche réduit d’environ 80 % le risque d’infection précoce chez le nouveau-né.(3) 

Chez le nouveau-né comme chez l’adulte atteint d’une infection à SGB, la méthode utilisée pour confirmer une infection sanguine grave est l’hémoculture. Si l’on suspecte une infection cérébrale, on peut recourir à la ponction lombaire pour détecter la présence des bactéries dans le liquide cérébral. Des tests PCR rapides sont également disponibles, qui permettent de détecter l’ADN du SGB dans le sang ou le liquide cérébral plus rapidement que par la culture, afin de pouvoir décider plus rapidement du traitement indiqué. 

Lutte anti-infectieuse

De bonnes pratiques d’hygiène à domicile et à l’hôpital peuvent réduire le risque d’infection tardive à SGB. Les principales mesures de lutte anti-infectieuse sont le lavage des mains, l’accouchement dans de bonnes conditions d’hygiène (c’est-à-dire en veillant à la propreté des mains, des ustensiles et des surfaces afin de garantir un environnement stérile) comme indiqué dans la liste OMS de contrôle pour la sécurité de l’accouchement, et, dans certains contextes, le nettoyage de la filière pelvigénitale à la chlorhexidine avant l’accouchement. 

Vaccination

Des vaccins pouvant être utilisés pendant la grossesse sont actuellement mis au point. Ces vaccins visent à générer des anticorps maternels protecteurs qui traversent le placenta et protègent le nouveau-né durant ses premiers mois de vie. Les modèles montrent qu’ils pourraient prévenir plus de 50 % des infections à SGB chez les nourrissons et qu’ils pourraient également réduire le risque de naissance prématurée et de mortinaissance. On ne sait pas exactement quand ces vaccins seront prêts, toutefois l’OMS s’attend à ce que les premiers vaccins maternels contre le SGB soient disponibles d’ici à 2030. 

Traitement 

Antibiotiques

Les nourrissons infectés par le SGB sont traités par antibiotiques administrés par voie intraveineuse. On leur administre généralement en premier lieu de la pénicilline ou de l’ampicilline, souvent en association avec de la gentamicine. D’autres antibiotiques peuvent être administrés en cas d’allergie. Le traitement dure généralement entre 10 et 21 jours, selon la gravité de l’infection et la réponse du nourrisson au traitement. 

Soins de soutien

Les nourrissons présentant une infection grave à SGB peuvent nécessiter des soins de soutien intensifs, tels que des solutés intraveineux, de l’oxygénothérapie ou une ventilation mécanique, la prise en charge des crises convulsives ou d’un œdème cérébral, ainsi que le soutien nutritionnel aux nouveau-nés malades. 

Suivi à long terme

Les nourrissons qui survivent à une infection du cerveau causée par le SGB ont souvent besoin de soins continus. Il peut s’agir de tests auditifs, de contrôles de la croissance et du développement ou encore d’un traitement physique. Ce dernier implique généralement de la physiothérapie, mais il peut aussi inclure de l’ergothérapie ou de l’orthophonie, selon les besoins spécifiques de l’enfant. 

Complications et séquelles 

Certains nourrissons qui survivent à une infection grave à SGB peuvent souffrir de problèmes de santé à long terme. Environ 3 nourrissons sur 10 qui se remettent d’une méningite à SGB peuvent présenter des problèmes permanents comme une perte auditive, des crises convulsives ou des retards dans l’apprentissage du mouvement, de la parole ou de la pensée. Certains nourrissons peuvent également développer une paralysie cérébrale, qui affecte le mouvement et le contrôle musculaire. 

Le SGB peut également provoquer des infections sanguines qui endommagent l’organisme. Les nourrissons concernés peuvent alors avoir besoin de soins médicaux continus tout au long de leur vie. Même une fois guéris, ils peuvent tomber malades plus souvent ou développer d’autres problèmes de santé. 

Action de l’OMS 

En 2020, les États Membres se sont engagés à mettre en œuvre la feuille de route mondiale pour vaincre la méningite à l’horizon 2030. Cette feuille de route vise à éliminer les principales causes de méningite bactérienne aiguë – y compris le SGB – notamment par la prévention, le traitement et la poursuite des recherches. 

L’OMS soutient les pays dans le suivi de la résistance aux antibiotiques et l’étude des différentes souches de SGB présentes dans le monde, démarches essentielles pour la mise au point de vaccins efficaces partout. L’OMS élabore actuellement des lignes directrices destinées à aider les pays à décider s’il convient d’introduire les vaccins contre le SGB lorsque ceux-ci seront disponibles et, le cas échéant, selon quelles modalités. Elle s’attache également à mettre au point des outils afin d’aider les chercheurs à tester et comparer les vaccins en cours de développement. 

L’OMS fournit des recommandations sur le dépistage des femmes enceintes et l’administration d’une antibioprophylaxie intrapartum pour prévenir l’infection précoce à SGB ; des orientations sur les pratiques pour la sécurité de l’accouchement et l’amélioration des soins prénatals/intrapartum ; ainsi que des lignes directrices de diagnostic et de traitement de l’infection à SGB et de la méningite chez le nouveau-né.

 

Références bibliographiques

  1. Gonçalves BP, Procter SR, Paul P, Chandna J, Lewin A, Seedat F, et al. Group B streptococcus infection during pregnancy and infancy: estimates of regional and global burden. Lancet Glob Health. 2022;10(6):e807–19. doi:10.1016/S2214-109X (22)00093-6. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35490693/  
  2. Cagno CK, Pettit JM, Weiss BD. Prevention of perinatal Group B streptococcal disease: updated CDC guideline. Am Fam Physician. 2012;86(1):59–65. Prevention of Perinatal Group B Streptococcal Disease: Updated CDC Guideline | AAFP 
  3. Fairlie T, Zell ER, Schrag S. Effectiveness of intrapartum antibiotic prophylaxis for prevention of early-onset group B streptococcal disease. Obstet Gynecol. 2013;121(3):570–7. doi:10.1097/AOG.0b013e318280d4f6. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23635620/ 

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